Autant que sur l’Opposition, le discrédit ainsi jeté atteint aussi les gouvernements, les institutions communautaires et les partis politiques étrangers, les partis et regroupements politiques nationaux, les organisations de la Société civile (Eglises, Syndicats, ONG de défense des droits de l’homme, Médias etc.) qui se sont rangés à ses côtés
 
Appelé, en définitive, à se prendre en charge, le peuple congolais – qui réalise à ses dépens combien un certain leadership s’amuse avec sa vie depuis une bonne cinquantaine d’années – ne peut que sanctionner durement les vendeurs d’illusions en ne leur accordant pas ses suffrages. Ce n’est que justice…

On sentait venir le coup après qu’il se soit autoproclamé, à partir d’Afrique du Sud,  Président de la République, dans une interview par téléphone accordée le dimanche 6 novembre 2011 à Rltv, et pris comme première décision (d’Etat) la libération forcée des prisonniers, avec consigne de poursuivre jusque dans leurs casernes les agents de l’ordre « récalcitrants » et de les corriger devant femmes et enfants. Pour la première fois depuis le 24 avril 1990, on a entendu des ONG « politiquement » proches de l’Udps désavouer ces propos, mais en suivant, et non en devançant le corps diplomatique et les gouvernements occidentaux choqués par la désinvolture du lider maximo.

On sentait aussi venir le coup après toute la confusion créée délibérément autour de l’affrètement de sa flotte aérienne de campagne électorale. Aux dernières nouvelles, Etienne Tshisekedi a été abandonné à Kindu par ses pilotes ; contrat arrivé à terme.

On sentait surtout venir le coup avec toute l’agitation, suscitée de façon expresse, autour des préparatifs des échéances électorales par la Céni, mais aussi de l’option de la candidature commune et du programme commun de l’Opposition. On a vu des manifestations publiques tournées à des affrontements avec la Police nationale congolaise, avec en sus des morts, des blessés et une destruction gratuite des engins destinées à la voirie urbaine. La « victimisation » a été payante puisque la Cpi participe désormais à la sécurisation des élections.
            
Kindu, province d’origine de la mère du Candidat n°3 (Mme Sifa Mahanya) – en d’autres termes la contestation de la nationalité congolaise de Joseph Kabila – est-il le coup d’estocade qu’il a cru donner à son principal adversaire ; un coup, hélas !, à effet boomerang direct. Plus qu’un suicide politique, c’est de la trahison pour tous les Congolais, de même que pour tous les étrangers qui ont toujours jusque-là misé sur lui. Du gâchis avec toutes ces énergies savantes, tous ces flux financiers et tout ce temps dépensés à soutenir sa cause.

C’est étonnant que les médias kinois qui clament leur indépendance se soient tus devant le recours à la congolité comme « arme » de campagne électorale.

Au cimetière chrétien où il repose depuis le 7 septembre 1997, Mobutu – dont l’Udps d’Etienne Tshisekedi avait fait contester la nationalité zaïroise par ses porte-voix au cours des  7 premières années de la Transition alors que son chef a côtoyé le maréchal une vingtaine d’années durant – doit bien renvoyer le Dr Tharcisse Loseke à ses études. Et, fait du hasard ou non, Loseke est justement aux côtés du lider maximo à ce moment précis. Comme un certain Dr Conrad Murray, aux côtés d’un certain Michaël Jackson…
 
Il bousille tout ce à quoi il touche
 
En fait, Etienne Tshisekedi n’a jamais été prêt pour l’exercice de la fonction officielle au sein d’une institution donnée.
Dans les dernières livraisons, rappel a été fait des propos de Mme Catherine Nzuzi wa Mbombo au lendemain de la clôture du Dialogue intercongolais à Sun City en avril 2003, en plus des propos de l’acteur politique kasaïen qui avait introduit l’homme dans la cour de Mobutu en 1960.

La première avait comparé Tshisekedi au joueur de football qui, après avoir réussi à dribler les défenseurs et même le gardien de l’équipe adverse, refuse de marquer en mettant la balle volontairement à côté. Le second, trois ans auparavant, avait justifié tous les incidents ayant marqué les nominations du lider maximo au poste de Premier ministre en 1990 et 1997 par l’incompétence. « C’est un fainéant », continue-t-il de déclarer à ce jour, désabusé de voir cet homme prendre en otage presque toute la communauté luba !

Effectivement, Tshisekedi a comme une sorte de poisse dans sa vie : il bousille tout ce à qu’il touche. Pour s’en rendre compte, il suffit de remonter sa carrière politique publique marquée par la sécession sud-kasaïenne, le collège des commissaires généraux, le rectorat de l’Ecole nationale d’administration et de droit, le conseil d’administration d’Air Zaïre, le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Justice, le ministère du Plan, la députation nationale, la diplomatie et la primature. A chacun de ses mandats, il a aligné des catastrophes.

Il suffit également de remonter sa carrière politique privée avec la gestion calamiteuse de l’Udps, de l’Union sacrée, de l’Union sacrée de l’Opposition radicale (Usor), de l’Union sacrée de l’Opposition radicale et Société civile (Usoras) et, plus tard, de l’Ufad et de l’Asd (dans le cadre du Dialogue intercongolais). Aujourd’hui, cette gestion produit des ravages au sein de l’Opposition (aile Fatima). A coup sûr : la Dynamique Tshisekedi Président en ressent les effets. Là aussi, il enchaîne des catastrophes.
 
Et si c’était au Katanga ?
 
Pour circonscrire le vrai Etienne Tshisekedi dans ses rapports avec Joseph Kabila, rien de mieux qu’un plongeon dans ses déclarations de 2001 et de 2003.

Rappel des faits : en 2001, Kabila accède à la magistrature suprême. Dans une interview à « RFI/L’EXPRESS » en février 2001, voici la réponse qu’il donne à la question de savoir s’il peut travailler avec Joseph Kabila : « Non. En vérité, le petit Kabila dirige chez nous un régime militaire, installé par les armes, ce que récuse l’Oua. Il est lui-même militaire et bénéficie du soutien des armées de l’Angola et du Zimbabwe » (cfr ouvrage intitulé « De L-D. Kabila à J. Kabila : la vérité des faits ». En 2003, alors qu’il se porte candidat « à la quatrième vice-présidence de la République » (interview à Voa), il se rétracte plus tard pour dire à la cantonade : « Vous me voyez, moi, m’en aller représenter le petit Kabila en Egypte ? ».

Mais, ça ne l’empêchera pas de continuer à soutenir la thèse d’exclusion, même quand son homme de confiance, Valentin Mubake, soutient le contraire dans une interview accordée au journal « Le Potentiel » n°3193 du 9 août 2004. «...quand nous sommes arrivés à Sun City, nous nous sommes battus non pour avoir des postes, mais pour l’avènement de ce cadre juridico-politique. (...) Nous avons même été plus loin : les différents postes réservés à l’Udps au gouvernement, à l’Assemblée nationale et au Sénat, nous les avons cédés à ceux qui en voulaient. Nous, ce n’est pas le poste », a-t-il dit.

Jusque-là, il n’est pas dans le registre de contestation de la nationalité congolaise du successeur de Laurent-Désiré Kabila. Pas du tout. D’ailleurs, il lui confirmera en 2011 cette nationalité en fondant ses craintes d’une présidentielle transparente, démocratique, libre et crédible sur le fait que le président de la Céni, le pasteur Daniel Ngoyi Mulunda, est de la même famille avec le candidat Joseph Kabila !

Quelle mouche l’a-t-il alors piqué pour aller soutenir le contraire à l’étape du Maniema, et encore après l’étape du Katanga, ces deux provinces auxquelles le candidat n°3 est biologiquement lié au travers de sa mère Sifa Mahanya et de son père Laurent-Désiré Kabila ? Serait-ce parce que le Maniema représente, pour reprendre une vieille expression kinoise lancée par l’artiste musicien Lita Bembo, « le côté le plus pete pete » de l’armature Kabila ? Car, il faut bien l’admettre, si pareils propos avaient été lancés au Katanga, la maison Congo aurait déjà pris feu…

Leadership caractérisé par l’opportunisme

S’étant imposé comme leader de l’Opposition – les candidats Kengo et Kamerhe ont fait le déplacement de sa résidence de Limete pour négocier avec lui une sorte de  gentlemen’s agreement et non l’inverse – Tshisekedi a focalisé sur sa personne les espoirs de toutes les forces politiques, économiques et sociales internes et externes résolues à renverser Joseph Kabila ! Tout comme hier Laurent-Désiré Kabila et Mobutu Sese Seko.

En dépit des divergences de vues apparues dans la gestion des ambitions, la détermination des Opposants à faire cause commune n’a pas faibli. D’ailleurs, pas plus tard que le vendredi 18 novembre 2011, Vital Kamerhe a justifié sa stratégie d’encerclement du candidat n°3 en ces termes : « Moi, je vais faire qu’il échoue lamentablement ici à l’est. Tshisekedi va faire qu’il n’ait aucune voix dans les deux Kasaï. Tshisekedi et moi, Jean-Pierre et Thomas Lubanga, même étant loin, allons donner des mots d’ordre pour qu’il n’ait aucune voix. C’est la stratégie de l’encerclement ».
 
Dans la dernière livraison intitulée, comme par prémonition, « En guise de programmes de gouvernement : Tshisekedi relance la victimisation ; Kengo et Kamerhe promettent ce que fait déjà Kabila dans le cadre des 5 Chantiers », la déduction faite est  que ces trois candidats à la présidentielle n’ont jamais été prêts pour l’alternance en 2011.

La preuve est qu’aucun n’a un programme de gouvernement qui soit chiffré, sinon quantifié, et ce à cinq ou six petits jours de la fin de campagne électorale !

En jetant à Kindu l’éponge de la manière dont on sait (le recours à la congolité), Etienne Tshisekedi discrédite, à dire vrai, toute l’Opposition, à commencer par ses candidats majeurs que sont, outre lui-même, Léon Kengo, Vital Kamerhe, Antipas Mbusa et François J. Nzanga Mobutu. Comme lui, aucun de ces candidats ne peut prétendre s’être préparé en conséquence pour le nouveau quinquennat. Or, une alternance politique, en démocratie, se prépare longuement. Ça ne se décrète pas du jour au lendemain. Dans le décor congolais, on sait que Mbusa a démissionné du gouvernement la veille du dépôt de sa candidature à la présidentielle. Nzanga a été démissionné en cette année même. Kengo a accompagné la mandature Kabila de bout en bout. Tshisekedi s’est prononcé voici un an seulement.

On peut, de ce faire, dire du leadership qu’ils incarnent qu’il est caractérisé par l’opportunisme. L’une des preuves est l’improvisation qui marque la préparation de la campagne électorale. Le matériel électoral disponibilisé n’est pas digne des prétendants à la présidentielle. A Mbuji-Mayi, par exemple, le lider maximo n’a aucun panneau géant, encore moins moyen. A peine perçoit-on par-ci par-là des calicots du reste mal décorés. A Bukavu, Goma et Kisangani, la visibilité pour tout ce beau monde est nulle.

Moralité : le peuple congolais est en droit de sanctionner durement ces Opposants, lui qui – depuis 1960 – fait les frais d’une classe politique rivée à la navigation à vue.

L’incident de Kindu vient (nous) rappeler que la recréation a aussi une fin.
 
Omer Nsongo die Lema